Entretien avec Philippe Juglar, fondateur d'ABCD

Philippe Juglar, en 2003, avec Jean Emmanuel Jourde, vous créez ABCD, pourquoi ?

En 2003, mon expérience passionnante avec les Cafés de Colombie avait pris fin. J’avais appris comment faire passer une production du monde des « commodities » à l’univers des marques ; j’avais découvert les possibilités de la valorisation collective, ses enjeux, ses possibilités, ses présupposés, souvent ignorés même des plus grandes organisations. De son côté Jean-Emmanuel avait une longue expérience du négoce. Il m’a semblé que la conjugaison de nos deux expériences était une belle opportunité.

Et votre savoir-faire, quel est-il ?

J’ai passé la plus grande partie de ma carrière à l’international. Mon immersion dans des pays aussi divers que la Grande Bretagne, la Grèce, puis l’Amérique Latine et maintenant le Moyen Orient, m’a permis de développer un sens certain de l’adaptation et de la compréhension des cultures. Cela permet aussi de savoir passer de la logique des salles de marché à celle des réseaux de distribution, des contraintes du monde agricole aux obligations de l’univers du marketing.
Tout cela, finalement quand je regarde mon parcours a été essentiellement mis au profit des producteurs agricoles : les aider à passer de la logique d’une matière première soumise aux aléas d’une bourse à celle d’un produit valorisé par la reconnaissance de sa noblesse, signée et reconnue par une marque ou une dénomination d’origine.

C’est ce que vous proposez dans ABCD ?

Oui, précisément : ABCD se veut au service des producteurs en vue de les aider à améliorer la valeur ajoutée de leur production. Que l’on parle de cafés, d’huiles végétales, de fruits, ou de tout autre produit agricole, la question des producteurs est toujours la même : que faire pour différencier ma production, comment la faire sortir des cycles contraignants des matières premières ?
Nous intervenons auprès des producteurs pour leur faire découvrir et comprendre des mondes aux valeurs, aux codes, aux comportements tellement éloignés des leurs. En effet il ne suffit pas de produire bien, il faut aussi savoir se faire connaître et reconnaître. Nous les accompagnons donc dans leur démarche de différenciation et de communication afin qu’ils s’ajustent au marché ciblé.

ABCD, consultant en valorisation…

Pas seulement ! Notre passé très concrets d’opérateurs sur des marchés très techniques de matières premières avec arbitrage boursier reste très prégnant. Et là je pense à mon ami et associé Jean Emmanuel Jourde, qui a l’expérience des échanges de nombreuses matières premières agricoles. Pour nous les conseilleurs doivent aussi prendre leur part du travail, il ne s’agit pas seulement de dire « ya qu’à », encore faut-il le faire. Et, si tout va bien, ABCD n’hésite pas à le faire, et c’est là une de nos originalités! Et cela passe autant par du conseil à l’organisation de groupement de producteurs qu’à l’analyse logistique ou encore par la recherche de canaux de distribution adéquats, voire par l’appui direct à l’action commerciale.

Et, pour tout cela, vous n’êtes que deux personnes ?

Bien sur que non ! Nous nous sommes attachés à réunir une équipe pluridisciplinaire, performante et multiculturelle afin de pouvoir monter les groupes de travail adaptés aux problématiques des personnes qui font appel à nos services. Au Liban, pour répondre à une problématique de thé, nous avons su intégrer l’une des meilleures professionnelles françaises de ce produit. C’est au Maroc que nous sommes allés chercher un spécialiste des certifications HACCP pour soutenir un projet industriel moyen oriental. C’est au Chili que se trouve notre compétence miel…..

ABCD, aujourd’hui, c’est un réseau sur plusieurs continents. Des hommes et des femmes, directs et pragmatiques au service des producteurs.

ABCD
Espace Altura
46, rue Saint Antoine
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